La transparence financière est une obligation légale pour la majorité des sociétés commerciales en France, mais elle expose des données sensibles à la concurrence, aux fournisseurs et aux clients. Le décret 2024-152 du 28 février 2024 a clarifié les modalités applicables pour l’année 2025, permettant aux entreprises de limiter cette exposition publique selon leur taille. Maîtriser ces seuils est une décision stratégique pour préserver la compétitivité de votre structure.
Les seuils 2025 définis par le décret 2024-152
Le cadre réglementaire repose sur trois indicateurs financiers : le total du bilan, le montant net du chiffre d’affaires et l’effectif moyen des salariés. Pour bénéficier d’une confidentialité totale ou partielle, votre entreprise doit respecter des plafonds précis. La règle fondamentale est celle des deux critères sur trois : pour être classée dans une catégorie, votre société ne doit pas dépasser au moins deux des trois seuils fixés pour l’exercice comptable.
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La règle des deux critères sur trois
Si votre entreprise dépasse deux des seuils, elle bascule automatiquement dans la catégorie supérieure. À l’inverse, si elle reste en deçà, elle conserve le bénéfice du régime de confidentialité associé à sa taille actuelle. Cette mécanique assure une stabilité pour les structures dont l’activité fluctue modérément d’une année sur l’autre.
Les trois catégories et leurs options de confidentialité
Chaque catégorie d’entreprise ouvre droit à un degré spécifique de protection des données financières déposées au greffe du tribunal de commerce. Voici les plafonds applicables pour l’exercice 2025 :

| Catégorie | Total Bilan | Chiffre d’affaires net | Effectif salarié |
|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | 450 000 € | 900 000 € | 10 |
| Petite entreprise | 6 000 000 € | 12 000 000 € | 50 |
| Moyenne entreprise | 25 000 000 € | 50 000 000 € | 250 |
Micro-entreprises : confidentialité totale
Les micro-entreprises peuvent demander la confidentialité totale de leurs comptes annuels. Le bilan, le compte de résultat et l’annexe ne sont pas rendus publics. Cette mesure permet aux petites structures d’éviter d’exposer leurs marges réelles, limitant ainsi les risques de guerre des prix. Seules les autorités judiciaires, les administrations et la Banque de France conservent un accès aux données brutes, protégeant le secret des affaires.
Petites entreprises : confidentialité du compte de résultat
Pour les petites entreprises, l’option est plus restreinte : seule la confidentialité du compte de résultat est autorisée. Le bilan reste public, mais les détails relatifs à la performance opérationnelle et à la rentabilité sont masqués. Ce compromis permet de maintenir une image de solidité financière tout en occultant les détails de la gestion interne.
Moyennes entreprises : publication simplifiée
Les moyennes entreprises ne bénéficient pas d’une confidentialité stricte. Elles sont toutefois autorisées à publier un bilan et une annexe simplifiés. Cette option allège la charge administrative et limite la précision des informations accessibles aux tiers, sans permettre une occultation totale des résultats.
Procédure de déclaration : les étapes clés
La demande de confidentialité doit être explicitement formulée lors du dépôt des comptes annuels via le Guichet Unique des formalités des entreprises.
Vous devez joindre une déclaration de confidentialité signée au dossier de dépôt. Une fois validé, le greffier mentionne au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC) que les comptes ont été déposés avec une option de confidentialité. Cette déclaration couvre l’ensemble des documents déposés pour l’exercice concerné et doit être renouvelée si nécessaire.
Qui est exclu du dispositif ?
Certaines structures sont exclues par la loi du bénéfice de la confidentialité, quelle que soit leur taille :
- Les établissements de crédit et les sociétés de financement.
- Les entreprises d’assurance et de réassurance.
- Les sociétés cotées sur un marché réglementé.
- Les sociétés appartenant à un groupe dépassant les seuils de grande entreprise.
- Les mutuelles et certaines associations émettant des obligations.
Ces exclusions garantissent une transparence maximale pour les secteurs où les enjeux financiers présentent un risque systémique.
Risques et sanctions en cas de fausse déclaration
Demander la confidentialité alors que les seuils sont dépassés constitue un délit pénal. En cas de contrôle, si le greffe ou l’administration fiscale détecte une déclaration mensongère, le dirigeant s’expose à des poursuites pour faux et usage de faux. Le rejet du dépôt des comptes peut également entraîner des pénalités financières et une inscription irrégulière au registre du commerce, fragilisant la crédibilité de l’entreprise auprès de ses partenaires bancaires.
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